18/03/2019 : réponse à Yves Harté (Edito Sud-Ouest)

Rien que le titre de votre chronique "La stratégie de la violence" est en lui même violent car il laisse supposer que mouvement des gilets jaunes = VIOLENCE VOULUE. Pourtant, la photo en "Une" de ce même numéro montre tout sauf de la violence. Même à la loupe, je n'arrive pas à voir et à croire que seule la violence est la stratégie de ces gilets jaunes. C'est au contraire par des discours "assimilateurs" du genre de cette chronique que je sens monter en moi un soupçon "d'énervement" ... La marche pour le climat ne draine, en marge, aucune violence. Pour l'instant, ai-je envie de vous dire. Le mouvement est (très, très ) jeune. Allez savoir comment se transformera ce mouvement après seulement quelques années de lutte contre la non prise en compte de leurs revendications, oh combien justifiées, car eux aussi ont leurs ennemies (consumérisme à tout prix et sa suite lobbyiste et septique). Aller le comparer, à ce jour, au mouvement jaune issu exclusivement de l'injustice sociale vieille comme le monde (vous savez, ce vieux discours démodé de l'exploitation de l'homme par l’homme) me parait intellectuellement malhonnête. Vous concluez avec la peur d'une rupture et d'un remplacement de contrat social, mais le contrat social ne devrait-il pas être quelque peu "ré-contractualisé" quand, tous les ans depuis des décennies,  sont affichés sans vergogne les chiffres montrant le fossé indécent et s'agrandissant sans cesse entre riches et pauvres ? C'est ce que le mouvement jaune revendique à la base et encore aujourd'hui dans leurs défilés pacifistes. La violence infiltrée, comme vous dites, n'est que l'expression d'une injustice exacerbée portée effectivement par l'ultra gauche mais aussi par l'ultra droite (comme vous ne dites pas) .... mais pas par les "vrais" gilets jaunes.