17-09-2020 : L'école aurait-elle une mission politique ?

« Penser Autrement » est une chronique de Télérama. Cette semaine, Marion Rousset l'intitule « Plus grand, je serai citoyen ». Vous pouvez lire l'article entier en cliquant ICI.
Elle capitalise et s'appuie avec justesse sur quelques auteurs pour constater
autoritarisme, désinformation, xénophobie, inégalités …. Notre démocratie est en danger. L'école peut-elle la sauver ? Oui, répond-elle, à condition de retrouver sa vocation à l'éducation civique.

Le sociologue François Dubet rappelle que l'école républicaine a toujours eu une vocation de salut.

L'historienne Laurence De Cock signale qu'en tant qu'institution publique, l'école a forcement une responsabilité.

Quant au pédagogue Philippe Meirieu, il dit comme tant d'autres depuis la nuit des temps que c'est par l'éducation que nous changerons le monde, construirons la démocratie, accéderons à la justice et irons vers la paix.

Seulement voilà, le miracle n'a pas eu lieu. Au delà des beaux discours, notre système éducatif met encore trop l'accent sur la compétition, et pas assez sur la coopération : L'école pourrait former à la démocratie si elle fonctionnait elle même de façon démocratique ! nous assure la sociologue Marie Duru-Bellat.

Le clou est enfoncé par la philosophe américaine Martha Nussbaum qui affirme que sans le soutien de citoyens convenablement éduqués, aucune démocratie ne peut être stable.

Laurence De Cock en profite pour insister en martelant que si on veut instaurer un régime républicain composé de citoyens éclairés, il faut que la puissance publique s'empare de la question de leur formation. Et si on veut que cette république soit légitime, il faut que les citoyens puissent voter en toute conscience.

Diable, voudrait-elle dire par là que par la disparition de l'instruction civique depuis déjà plusieurs générations, nous serions un grand nombre (?) au fil du temps à voter en toute inconscience ? Et que c'est donc, par la même occasion, du pain béni pour la classe dominante, ou bien pire pour tous les populismes et régimes autoritaires !

En 1870, Jules Ferry explique que l'inégalité d'éducation est le plus grand obstacle que puisse rencontrer la création de mœurs vraiment démocratiques, et il affine en affirmant que cette création consiste essentiellement à remplacer les relations d'inférieur à supérieur, sur lesquelles le monde a vécu pendant tant de siècles, par des rapports d'égalité.

Nous sommes même invités à nous demander comment un pays éduqué aux valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité a-t-il bien pu collaborer avec les nazis ?

Les analyses qui suivent sont édifiantes à montrer que l'enseignement d'une histoire la plus universelle possible de tous les peuples aide à véhiculer des visions de l'altérité moins empreintes de hiérarchie raciale, et par conséquence à délégitimer le racisme

L'école visait à former des citoyens, mais petit à petit on a aussi compté sur elle pour former des travailleurs relève Marie Dulut-Bellat et par là même à traiter les élèves en visant l'uniformité à la préparation d'une compétition sur le marché de l'emploi.

Sa conclusion est une formidable occasion de se questionner sur ce que sont les valeurs fondamentales :

Si l'école ne servait à rien, du moins à rien de productif, se serait un ferment pour la démocratie !

Marion Rousset dit « chiche » pour clôturer cette splendide chronique.
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