10-04-2020 : Robinson et moi

Tout de suite après notre mise en confinement, je me rappelle m'être rasé. Mais je me rappelle également m'être posé la question de son utilité ; sa réponse, vous pourriez tout de suite la connaitre si vous pouviez me voir … ceci étant dit histoire de planter le décor ! La nouvelle question que je me suis posée, il y a quelques jours en me croisant devant la glace : quel rapport peut il bien exister entre ce cher Robinson, confiné sur son ile, et nous, que l'on dit également confinés, en dehors de l'évolution de nos systèmes pileux ? Et bien moi, je crois que sur la période de confinement rien n'est comparable. Lui a été obligé de tout se réinventer. Il n'avait pas sur lui, au moment de l'échouage, sa plaque de cuisson, son assiette et ses couverts et encore moins son i phone et sa voiture, qui d'ailleurs ne lui auraient servi à rien. Il s'est donc organisé, en bonne intelligence et parce que d'une pragmatique évidence, une vie composée d'actes de « premières nécessités » !

Manger (cueillir, chasser, pêcher) et se protéger (bâtir) en s’intégrant à son environnement (c'est à dire en s'adaptant pour satisfaire à ses seules deux obligations). Nous, notre confinement ne nous prive pas de nos chères grandes surfaces, ne nous chasse pas de nos nids douillés et ne nous prive quasiment pas de toutes nos chères « nécessités pas nécessaires ». Rien à voir avec Robinson, et pourtant, après trois semaines, ça commence à pleurnicher, à tricher, à contester, à ne plus accepter, à psychoter … en un mot ne plus supporter et vouloir vite retrouver l'avant.

Avant son épisode solitaire, Robinson était un vulgaire marchand d'humains, esclavagiste en quelque sorte. Et après avoir retrouvé ses congénères, il se plongea rapidement dans les affaires et la finance … Son après fut-il vraiment très différent de son avant ?! Et nous, qui nous interrogeons sur ce même dilemme, que nous réserve t-il notre après ?

Tout d'un coup, j'ai envie de me raser ...